L’Inouï du Traumatisme

« Rompre l’ordre du monde, c’est entrer de plain-pied dans la problématique de cor(ps)-rompre le langage. Dans son étymologie rompre est rompre le langage de l’Autre » ; voici ce sur quoi Professeur Léla Chikhani ouvre la première journée du Forum du Champ Lacanien du Liban, introduisant les interventions sur « L’Inouï du Traumatisme », deuxième moment de notre weekend « Le Signifiant sur les Ailes du Phénix. »

La journée, qui eut lieu le samedi 28 avril 2018, fut l’objet de huit interventions et d’une table ronde :

La Traumatologie est cette séduction phonétique à l’origine de la séparation de l’enfant du corps de la mère. Lalangue qui fait effraction dans la jouissance du corps à corps est traumatologie, nous a dit Françoise Josselin dans la première intervention de la journée.

Marc Strauss a articulé la faille dans le langage que rencontre le sujet à la dimension traumatique du sexe. Son intervention a porté sur le coup du pastous.

Patrick Barillot a parlé du manque signifiant à l’endroit de la jouissance du corps, manque qui rend traumatique la rencontre avec le réel.

Nicolas Bendrihen restitue au sujet sa part “scandaleuse” dans la manière dont il participe à l’avènement traumatique. Il n’y a pas que l’évènement, il y a aussi la victime.

Natacha Vellut explique que l’inouï du traumatisme est dans ce qui n’est pas entendu du signifiant et dont l’inscription est traumatique. Le passage à l’acte atteste de la potentialité mortifère de la logique signifiante là où le fantasme échoue.

Sonia Chamoun a exposé un cas de traumatisme de l’enfance dans le cadre d’une névrose obsessionnelle où le jouir du symptôme se fixe à une scène traumatique de la mort.
Pour Christian Dubuis, l’homme naît mal/entendu et parfois malentendant, sourd aux voix du signifiant. Qu’y peut la psychanalyse ? En est-elle consolation ?

Mariette Aklé a présenté le déshonneur comme étant la déchéance du signifiant-maître de l’honneur, déchéance qui rompt l’automaton signifiant et expose au réel de la rencontre manquée. Le passage à l’acte vient boucher le trou du symbolique ; c’est la fonction du crime d’honneur.

La journée s’est close sur une table ronde qui a débattu de la guerre et de ses enjeux dans notre actualité. Le PTSD, les victimes, l’évènement traumatique… furent explicités à la lumière de la psychanalyse.

Vous trouverez ci-dessous quelques photos de la journée.

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